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Créatrices d’entreprises

Créatrices d'entreprisesSi la parité est à l’ordre du jour dans la sphère politique, chacune sait qu’il n’en est rien en matière économique.

L’ouvrage (*) de Dominique Média en atteste. Il montre en effet, chiffres à l’appui, l’étendue du chemin qui reste à parcourir pour parvenir à l’égalité au travail entre hommes et femmes.

Rappellons ici qu’en 1999, les Femmes de 25 à 49 ans étaient à 80% actives, contre 41,5% en 1962. En outre, 1,3 millions de Français veulent créer une entreprise selon le sondage IFOP réalisé en 2000, dont 5% de Femmes. Dans la réalité cependant, en 1998, les Femmes représentaient seulement 28% des créateurs d’entreprise.

Dans ces conditions, il n’est pas étonnant de lire dans la presse : « La France lanterne rouge de la création d’entreprise féminine ».

On peut, en revanche, être surprise d’apprendre que, selon le CNIDFF (Centre National d’Information et de Documentation des Femmes et des Familles), en 1998, le taux de refus de dossiers par les banques est de 33% supérieur pour les femmes !!!

Etat des lieux sur les femmes et la création d’entreprise…

Profil des Créatrices d’entreprises : elles sont…

1 – Plus âgées. La moyenne des femmes créatrices était de 38,9 ans contre 38 ans pour les hommes en 1998. Cet écart tend d’ailleurs à se réduire puisqu’en 1994, il était de 2,2 ans.
Les femmes sont surtout nettement plus nombreuses à créer après 50 ans, âge auquel leurs enfants sont généralement grands, permettant ainsi de commencer une nouvelle vie professionnelle : 14,1% d’entre elles le font à ce moment contre seulement 10,3% d’hommes.
On voit du reste que les créatrices de moins de 25 ans sont plus nombreuses que les créateurs (8,5% contre 7,3%), mais le rapport s’inverse entre 25 et 39 ans, correspondant vraisemblablement au « temps des maternités ».

2 – Plus organisées. En 1998, nos motivations étaient : des exemples de réussite pour 9,3% d’entre nous contre 10,8% des hommes ; une idée nouvelle pour 12,8% contre 15,9% de nos homologues masculins ; le goût d’entreprendre et l’indépendance pour 50,4% contre 55,9% des créateurs.
A l’inverse, 35,1% évoquent une opportunité, creusant l’écart avec les hommes qui sont seulement 31,6% à citer cette motivation. Enfin, l’écart est également sensible sur la motivation liée à la création de son propre emploi : c’est le cas de 36,9% d’entre nous contre 32,4% des hommes.

3 – Plus souvent issues de l’inactivité. Contrairement à certaines idées reçues, les créatrices ne sont pas plus que les hommes issues du chômage. En 1998, en revanche, les femmes étaient deux fois plus nombreuses que les hommes à créer un entreprise à l’issue d’une période d’inactivité professionnelle. C’était le cas de 24,6% d’entre nous contre 10,8% des créateurs.
Dans ce cas, nous privilégions nettement les secteurs des services aux particuliers, comme les hôtels-café-restaurants. Ils restent 57% des créations des femmes n’exerçant pas d’activité professionnelle conte 50% pour l’ensemble des femmes créatrices.
Ces créatrices sont aussi plus âgées : 26% ont 50 ans et plus contre 16% des créateurs. En outre, elles ont un niveau de diplôme plus faible, bénéficient de peu de conseil, de peu de formation et de peu de prêts. 19% seulement ont bénéficié d’un prêt bancaire contre 28% de l’ensemble des créatrices. Enfin, le taux de pérennité moyen après 3,5 ans des entreprises créées par ce femmes de plus de 50 ans est de 40% alors qu’il atteint 46% pour l’ensemble des créatrices.

4 – Moins sensibles à l’entourage. Entre 94 et 98, on constate une forte progression des femmes qui créent sans un entourage incitatif : 54,8% des créatrices avaient un entrepreneur dans leur famille en 1994. Elles étaient seulement 50,4% en 1998. Inversement, en 1994, 25,8% n’avaient aucun créateur ni dans leur famille ni dans leur entourage. Ce pourcentage a atteint 32,5% en 1998.
Du côté des hommes en revanche, la sensibilité à l’entourage reste plus forte : en 1998, 24,4% avaient un créateur dans leur entourage. 30,6% n’avaient aucun entrepreneur dans leur entourage ou dans leur famille.

5 – Moins expérimentées dans l’activité choisie. 85% des femmes se lancent pour la première fois dans la création d’une entreprise, contre 75% des hommes. Ce chiffre a cependant baissé puisque le pourcentage de premières créations étaient de 87,6% en 1994.
Les créatrices sont aussi moins expérimentées dans l’activité choisie pour leur entreprise. 50% des créatrices ont à leur actif une expérience professionnelle dans la même activité, contre 59,5% des créateurs. 29,4% d’entre elles viennent d’une activité différente, contre 21,6% des créateurs.

6 – Plus diplômées mais moins qualifiées. 28,9% des créatrices sont titulaires d’un diplôme de niveau Bac+2 et plus contre 27%, 20% d’un diplôme de niveau Bac contre 17,3% des hommes.
48,9% des créatrices d’entreprises ont donc un diplôme au moins égal au baccalauréat, soit un écart de plus de 4 points avec les hommes.
Paradoxalement, le rapport s’inverse dès qu’on examine la qualification professionnelle des créatrices. 37,8% étaient précédemment dans la catégorie professionnelle des « employés » contre 23,9% des créateurs. 9,3% étaient « cadres » contre 17% des hommes.
On retrouve évidemment là un phénomène bien connu, signe des inégalités professionnelles persistantes entre les deux sexes : à diplôme égal, les femmes occupent des postes moins qualifiés que les hommes.

(*) "Le temps des Femmes, pour un nouveau partage des rôles" Flammarion

 

 

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