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Créatrices d’entreprises

Créatrices d'entreprisesLes enseignements…

Tous ces résultats rappellent combien l’égalité professionnelle entre hommes et femmes est loin d’être acquise.

Nous savons que les femmes continuent à être moins qualifiées que les hommes et à gagner moins d’argent, dans les entreprises, à niveau de diplôme égal.

Il en va de même en matière de création : les entreprises créées par les femmes sont majoritairement dans des secteurs correspondant à une professionnalisation des tâches ménagères ; nous réussissons un peu moins bien, nos entreprises sont plus petites et moins orientées vers le développement.

A – Un passif socio-culturel

Le premier enseignement est le constat d’un « passif » socio-culturel important. Si le salariat s’est largement féminisé, la création reste majoritairement une affaire d’hommes.

A ce jour, les variables critiques, c’est-à-dire celles qui ont une incidence importante sur le taux de pérennité à 5 ans sont : la durée de l’expérience professionnelle, le secteur d’activité en deuxième position et en troisième lieu, la nature de l’expérience professionnelle.

De fait, à durée d’expérience professionnelle égale, les femmes réussissent au moins aussi bien que les hommes. Malheureusement, c’est moins souvent le cas pour les créatrices puisqu’elles sont souvent issues de l’inactivité.

La nature de l’expérience professionnelle est également déterminante car les créatrices réussissent beaucoup mieux quand elles créent une entreprise dans la même activité que celle exercée antérieurement. C’est dans le commerce et les services aux particuliers, autrement dit dans les prestations de service aux ménages, historiquement dévolues aux seules femmes, que les créatrices réussissent le mieux.

D’autres critères ont aussi une influence importante, pour les femmes comme pour les hommes.

Il faut citer l’âge, les femmes, globalement, réussissent mieux après 40 ans et elles sont près de 48% à prendre l’initiative à cet âge-là. Intervient aussi la motivation. Goût d’entreprendre et opportunité donnent les meilleures chances à tous les créateurs d’entreprise. Joue également la qualification, qui constitue souvent un handicap pour les femmes. Leur réussite est bien meilleure dans les qualifications où elles sont les moins nombreuses, notamment cadres. Enfin, la situation antérieure est déterminante : plus d’une créatrice sur 2 passe le cap des 5 ans si elle exerçait une activité professionnelle avant de créer.

B – Un potentiel important

Cet héritage n’est pas immuable et quelques évolution contemporaines socio-économiques donnent à penser que la création d’entreprise par les femmes constitue un potentiel important.

La première est la croissance continue du taux d’activité des femmes depuis les années 60. La deuxième est l’élévation de leur niveau de formation : on trouve 120 femmes pour 100 hommes dans l’enseignement supérieur et 25% des femmes actives ont un diplôme supérieur au baccalauréat contre 20% des hommes. La troisième est l’évolution du fonctionnement de la cellule familiale : nous avons moins d’enfant, d’une part, les hommes s’en occupent plus et partagent plus fréquemment les tâches ménagères d’autre part.

Enfin, il faut citer le développement des activités de service, principale source de créations d’emploi dans les pays occidentaux, en particulier à travers une nouvelle articulation des différents temps de vie des personnes, entre le travail et la sphère privée.

Elle conduit les personnes à recourir plus fréquemment à des sociétés de service, que ce soit pour se faire livrer les courses, faire le ménage, garder les enfants ou s’occuper du jardin…

Cette tertiairisation de l’économie, qui touche aujourd’hui, de plus en plus, la sphère privée des ménages, nous est favorable puisque nous avons massivement investi ces secteurs avec succès.

Outre ces facteurs exogènes, deux autres caractéristiques viennent renforcer le potentiel de création par les femmes. La première est notre moindre perméabilité que les hommes à la situation de notre entourage. Elle va de pair, semble-t-il avec la seconde qui est une attitude plus opportuniste à l’égard de la création d’entreprise. Ces particularités, dans un univers économiques à la fois complexe et mouvant, nous rendent plus novatrices lorsque nous nous lançons dans la création d’entreprise.

 

 

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