Accueil - Tendances - Actus - Don du sang des homosexuels

Don du sang des homosexuels

Don du sang des homosexuelsD’ici le printemps 2016, les personnes homosexuelles pourront donner leur sang, a annoncé mercredi la ministre de la Santé. Une annonce tièdement accueillie chez certains militants socialistes: ils déplorent que le don soit autorisé seulement après une abstinence sexuelle d’une année.

C’était un engagement, hors programme, de François Hollande: autoriser les homosexuels à donner leur sang.  Marisol Touraine a annoncé la levée de l’interdiction… sous conditions. Et pas des moindres puisque, au printemps 2016, le don du sang ne pourra concerner que ceux qui n’auront pas eu de relations sexuelles depuis un an. Pour le don de plasma, le délai est plus court, quatre mois, et est ouvert aux personnes n’ayant qu’un seul partenaire. Des restrictions qui divisent chez les militants socialistes.

Thomas Monteiro, jeune membre du PS et militant auprès de l’association Elus locaux contre le sida juge l’annonce gouvernementale homophobe.

Josselin, militant socialiste depuis 12 ans, est plus nuancé. « Depuis 2012, je me suis habitué aux petites mesurettes », souffle-t-il. Le trentenaire le concède d’emblée: il aurait préféré que le délai d’abstinence demandé – un an, une période qu’il juge longue et dont il ne comprend pas la nécessité – ne soit pas mis en place, et que les conditions soient alignées avec celles en vigueur chez les personnes hétérosexuelles (4 mois d’attente). Néanmoins, il estime que cette ouverture constitue « un début ».

« Un début ». La même expression est employée par Denis Quinqueton, au PS depuis les années 80. Ce militant, par ailleurs président de HES, l’association LGBT du parti socialiste, estime qu’il faut bien commencer quelque part. D’autant que le projet est dans les cartons depuis un bon moment: « Ca fait 32 ans que les personnes homosexuelles sont exclues du don du sang. Entre temps, il y a eu différentes affaires comme le scandale du sang contaminé qui a marqué les esprits », explique-t-il.

« J’entend, ici ou là, que le délai d’abstinence est long. Nous sommes dans le domaine de la santé publique, il vaut mieux avancer prudemment mais solidement, étape après étape, ajoute-t-il, louant la position de consensus dégagée par la ministre de la Santé auprès des différents acteurs de la filière et l’évolution des mentalités. Progressivement, nous sommes en train de passer de la notion de ‘groupe à risques’ à celle de ‘pratiques à risque’. Cela prend du temps ».

Une prudence que Josselin estime plus politique que médicale: « François Hollande aime bien ménager la chèvre et le chou. Ici, les pro et les anti, notamment les plus réacs, ce qui explique sa frilosité ». Comme d’autres personnes homosexuelles et bisexuelles, Josselin donne son sang depuis une dizaine d’années et ne se sent pas particulièrement concerné par l’annonce de la ministre de la Santé. « Je connais mon comportement, il n’est pas à risque, donc j’estime que je peux donner… même si la dernière fois, c’était il y a près d’un an ».

Les deux militants associatifs restent optimistes pour l’avenir. Bientôt, ils l’assurent, les conditions d’accès seront assouplies: « Je pense que dans un an, la demande d’abstinence sera levée comme l’ont fait d’autres pays », croit savoir Josselin. Marisol Touraine a effectivement « évoqué une réévaluation de ce délai, après études, au bout an », souligne Denis Quinqueton. En attendant, de nombreux donneurs potentiels rongent leur frein.

Plus d’actualité sur : Don du sang

 

Source L’Express.fr

 

 

A Voir aussi

Maîtriser son stress

  En France, plus de la moitié de la population se dit stressée… Qu’est-ce que …

Laisser un commentaire