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Inviter chez soi

 

Fin 1980, on estimait qu’une personne sur quatre invitait à un pique nique, c’est désormais le cas de 35% de nos concitoyens. Émerge cependant une nouvelle forme d’invitation, dans laquelle le football à la télévision a certainement joué un rôle important: le plateau-repas. Jusqu’alors réservé aux soirées télé intimes, il participe aujourd’hui aux réceptions de 10% des Français.

Pas de n’importe qui, cependant : c’est chez les célibataires (23%), et chez les jeunes pas encore complètement acquis au ‘décorum traditionnel’ des réceptions à la française (21% des 25-34 ans) que l’invitation autour de plateaux repas est la plus répandue. Nul doute que cette tendance ne va cesser de s’étendre, par le jeu de deux phénomènes.

D’une part ces jeunes générations vont garder cette habitude en vieillissant ; d’autre part, le temps moyen passé devant la télévision étant en perpétuelle augmentation, et l’attrait pour certaines émissions culte restant toujours aussi fort, se retrouver pour les regarder tout en mangeant va vraisemblablement progresser à l’avenir.

Inviter chez soi

Le convive idéal : chanteurs et vedettes de télévision

Est-ce la place bientôt prépondérante de la télévision dans la vie de la majorité des Français ? Toujours est-il que le tiercé de tête des invités idéaux serait Jean-Jacques Goldman (pour 18% des répondants), suivi de Mimi Mathie (14%) et de Renaud (10%). On peut y voir l’attente d’un repas convivial avec des personnalités consensuelles amusantes ou plaisantes, à l’image de ce que souhaitent une majorité de Français lorsqu’ils organisent un repas à leur domicile.

Les autres gloires médiatiques restent un peu à la traîne, sans doute moins ‘paillettes’ que leurs vainqueurs : Zinedine Zidane s’en sort bien, principal représentant des sports, avec 9% de citations, de même que l’alter-mondialiste paysan José Bové (8%), un autre sportif, David Douillet (8%), et une personnalité caritative comme Sœur Emmanuelle (8%). Johnny Halliday atteint juste les 8%, suivi de l’abbé Pierre (7%) qui, il est vrai, a demandé à ne plus figurer dans ce genre de classements, et de Sophie Marceau (6%).

Enfin, rares sont ceux qui aimeraient partager leur table avec le Président de la République : 3% seulement. Les plus jeunes plébiscitent Jean-Jacques Goldman (30%), les célibataires apprécient tout particulièrement Mimi Mathie (18%), et les Parisiens préfèrent plus encore que les autres Renaud (14%) à Johnny Halliday (3%).

Le repas d’invités répond à l’évolution de nos goûts et modes de vie

Une invitation n’est pas forcément une lourde tâche. Certes, plus on est âgé, plus on a tendance à passer du temps à la préparation du repas : la moitié des plus de 55 ans ne craint pas de passer plus de 2 heures dans la cuisine contre un tiers des moins de 35 ans et 39% en moyenne dans la population. Il s’agit vraisemblablement d’un phénomène générationnel, dans la mesure où les plus jeunes sont nettement plus nombreux à recourir aux aides culinaires alors que les seniors les boudent.

C’est bien de l’évolution de notre cuisine qu’il s’agit ici : nul doute que dans les décennies à venir, le temps de préparation des repas de fête va diminuer globalement et que l’apport de l’industrie agroalimentaire ne cessera de croître dans nos réceptions. Pour autant, on continuera à élaborer des plats, à les personnaliser: ainsi seuls 10% des ‘invitants’ ont parfois recours à des plats cuisinés tout faits, et moins de 2% aux services d’un traiteur. Il y a donc un plaisir et un investissement nécessaires à la convivialité afin de poser sa marque de fabrique sur ce que l’on va servir à ses hôtes.

Si le plat traditionnel reste le pivot du repas convivial, le goût de la cuisine exotique est plus marqué dans les villes et les milieux fortement diplômés, c’est-à-dire chez des personnes plus aisément en contact avec les cultures extra-européennes. Il existe un rapport étroit entre une ouverture au monde et une curiosité des papilles qui témoigne, s’il le fallait encore, que les goûts culinaires sont avant tout d’origine culturelle.

La relative évolution vers des plats moins traditionnels s’accompagne d’un moindre attachement à ce que l’on appelait l’étiquette : ainsi, un Français sur quatre est susceptible de demander occasionnellement de l’aide à ses invités dans la préparation du repas: 15% demandent à leurs hôtes de mettre la table, 14% de les aider à la cuisine, 12 % acceptent que les invités débarrassent les couverts sales, et 10% vont même jusqu’à accepter un coup de main pour la vaisselle… Ces attitudes sont plus fréquentes chez les jeunes, les célibataires, mais aussi chez les hommes, qui projettent une vision moins ‘sacralisée’ de la réception. Ainsi va la convivialité, qui se ‘dénude’ et devient plus chaleureuse.

 

 

 

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