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Inviter chez soi

 

Sortir de l’ordinaire

Cela n’empêche pas les convives de vouloir préserver à ce moment un aspect exceptionnel, et de permettre au plaisir et à l’agrément de s’épanouir. C’est pourquoi plus de deux personnes sur trois apportent systématiquement un cadeau à leurs hôtes, d’un montant non négligeable (entre 10 et 50 euros). De même, on tient à profiter au mieux du repas : neuf personnes sur dix mettent ainsi un point d’honneur à arriver à l’heure, deux sur trois à manger de tout pour honorer leur hôte, et autant éteignent leur téléphone portable pour ne pas être dérangés.

Le repas et ce qu’il y a autour participent alors à un moment d’échange chaleureux, d’une bulle hors du temps, des tracas et de la complexité du monde. Car ce qu’apprécient avant tout invitants et invités, c’est une ‘ambiance conviviale’ (63% la citent comme premier élément qui fait d’un repas une réussite), bien avant le contenu des assiettes et des verres (12%) ou même la qualité de la conversation (13 %).

C’est pourquoi tout ce qui peut nuire à la convivialité est aussitôt critiqué, voire banni. Si la qualité de la conversation n’est pas un élément primordial dans la réussite d’un repas, son contenu peut être fortement décrié s’il s’avère nuisible à la convivialité : on veut éviter à tout prix une conversation ennuyeuse (40%), gênante (21%) ou qui ‘traîne en longueur’ (19%). On reçoit pour faire une fête tranquille, amicale, non pas pour aborder des problèmes qui fâchent ou pour y bailler aux corneilles…

On préfère donc parler de ce que l’on considère comme beau dans la vie, les enfants, la famille (22%), les loisirs (20%), des sujets d’actualité consensuels (22%) ou encore se raconter les vacances (13%). Le travail (3%), la politique (4%) ou la mtéo (2%) n’ont assurément pas leur place autour de la table.

La convivialité, un remède contre l’inquiétude et l’angoisse ?

Face à un environnement compliqué et sombre, les consommateurs aujourd’hui sceptiques sur tout espoir d’amélioration globale, se sont recentrés sur une ‘bulle’ intime, de proximité, pratiquant ce que certains appellent le ‘nesting’, c’est-à-dire la ‘nidification’ : on investit très fortement son intérieur, à la fois financièrement (achat de décorations, d’appareils,…), physiquement (bricolage, jardinage) et effectivement (les réceptions…), on en fait un endroit où l’on se sent bien, où l’on retrouve son identité, car il vous ressemble.

Les fondements du nesting sont assez différents de ceux du ‘cocooning’. Il ne s’agit plus de se replier, de se barricader, mais bien plus de venir chez soi prendre la bouffée d’oxygène anti-stress nécessaire pour affronter le mieux possible la dureté du monde extérieur. Car le consommateur a manifestement mûri ; il sait à quel point il est à la merci d’un retournement de conjoncture, la mondialisation le fascine et l’angoisse tout à la fois; il manifeste un niveau d’inquiétude équivalent à celui des années ‘cocooning’, mais avec une toute autre mentalité.

N’attendant plus que les choses s’améliorent de l’extérieur, il s’est composé un univers personnel structuré, à son image, qui lui permet de vivre bien dans une société dont il n’espère plus grand chose. Il se ressource donc le soir, le week-end (et s’il a les moyens, dans sa maison de campagne, modèle également en progression depuis quelques années) chez lui, avec les siens, dans son cadre de prédilection.

Inviter chez soi

Praticité et harmonie plutôt que décorum

Pour des raisons principalement pratiques, les réceptions continuent de se faire majoritairement dans la salle à manger (85% des personnes interrogées) ; c’est là que l’on trouve la table suffisamment grande pour accueillir les invités, c’est l’endroit de la maison ou de l’appartement conçu pour ce type de réceptions. Néanmoins, certains préfèrent recevoir dans leur cuisine (11%) ou même sur une table basse dans le salon (6%).

Il s’agit cependant de cas particuliers, principalement de personnes vivant en milieu rural pour les invitations en cuisine, qui correspondent à un mode de vie traditionnel et à une organisation domestique structurée autour de la cuisinière. Les réceptions dans le salon sont plus ‘tendance’, puisqu’elles concernent au premier chef de jeunes urbains : 34% des Parisiens, un tiers des 25-34 ans et des célibataires les pratiquent assidûment.

Le plaisir de recevoir, c’est aussi le plaisir mis dans une certaine esthétique: on cherche ainsi à sortir du quotidien en s’habillant mieux qu’à l’habitude (49% le font souvent lors de réceptions), en décorant sa maison avec des fleurs (51%), et même en élaborant une jolie table : 46% des personnes interrogées portent une attention particulière à la décoration de la table, 43% sortent le service de fête.

Par contre, l’argenterie, sans doute trop guindée, n’est plus souvent sortie (17% seulement des Français l’utilisent souvent lors des réceptions). Le plaisir des yeux doit accompagner celui des sens, sans pour autant que l’on attache trop d’importance aux détails.

Des jeunes générations moins formalistes et plus conviviales ?

Plus habitués que la moyenne à recevoir dans leur salon, sur une table basse, les ‘jeunes’ fuient avant tout une conversation sans intérêt (50% contre 40%), hésitent moins à apporter la casserole sur la table (13% contre 8%), font la part belle aux amis (64% contre 49%), sont plus dans la ‘reliance’ que l’ensemble des Français puisque près d’un tiers d’entre eux lancent des invitations hebdomadaires, et 81% (contre 70%) le font au moins une fois par mois.

Se dessine ici une nouvelle génération, plus axée que les précédentes sur le pur plaisir d’être ensemble, de partager un bon moment de façon plus informelle que leurs aînés.

 

 

 

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