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Le bavardage

Le bavardageOn ne bavarde pas avec n’importe qui, on choisit inconsciemment quelqu’un qui nous est sympathique, chez qui l’on ‘reconnaît’ quelque chose qui nous est proche.

C’est l’autre qui fait naître en nous la parole spontanée, et cet autre est souvent une femme.

Les femmes ont besoin de ‘copines’. Ce sont les principaux personnages de leur vie. On reproche souvent à nos maris de ne rien nous raconter, de ne pas nous parler assez. Et eux ne comprennent pas ce qu’on attend d’eux.

Les hommes généralement, n’aiment pas parler pour le plaisir, mais pour la nécessité de transmettre une information. Leur parole a une fonction utilitaire. Pour eux, bavarder revient à perdre son temps. Les disputes dans les couples viennent souvent de là.

La spontanéité qui caractérise les papotages fait souvent défaut dans les relations familiales, où l’on a tendance à parler ‘utile’.

Il est très important que les mamans apprennent à bavarder avec leurs enfants et à avoir des échanges de copinage avec leurs filles.

Pour cela, il suffit parfois de sortir du cadre familial : faire du lèche-vitrines, prendre un thé dans un bar… Le repas du soir, ou du dimanche, fournit également une occasion parfaite de se retrouver et de discuter de tout et de rien.

Impossible cependant de faire l’éloge des bavardes sans émettre des réserves. Ce qui différencie la ‘bonne’ bavarde, de la bavarde ‘pathologique’, c’est la capacité fondamentale d’écouter.

Sympathique, généreuse et toujours prête à rendre service, la pipelette n’écoute personne et parle à la place de tout le monde. Ces bavardes-là sont assez pénibles car elles monologuent. Elles ne sont pas dans l’échange mais dans la parole vide et dénuée de sens.

Alors que s’amuser d’une réflexion qui a échappé à l’un de nos proches, demander à la boulangère si elle va bien est une manière de s’intéresser aux autres et de le montrer.

Ceux qui ne savent pas bavarder sont souvent solitaires et parfois malheureux. Parler, quand on a rien à dire est un art qui s’apprend.

Le docteur Christophe André, psychiatre, l’enseigne à ses patients qui souffrent de phobies sociales, timidité ou anxiété, perturbant leur relation à autrui.

Ils évitent d’entrer en contact avec les autres quand ils n’y sont pas obligés. En fait, ils ne sont pas assez bavards !

Je leur explique que la parole ne sert pas uniquement à transmettre des informations, mais aussi à consolider un lien, à vérifier que l’autre existe, vous écoute et vous apprécie. Je leur prescris donc du bavardage comme exercice thérapeutique.

Entre deux séances, je leur demande par exemple de bavarder avec leur voisin ou leur boulangère, et quand ils me répondent ‘Je n’ai rien à dire’, je leur démontre que ce n’est pas important, que, ce qui compte, c’est d’aller vers l’autre pour trouver la nourriture relationnelle, qui nous est indispensable à tous.

Le bavardage préserve la santé. Quand les gens se trouvent dans un réseau social qui les entoure et les aide en cas de besoin, ils sont moins malades.

 

 

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