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Le retour des bonnes manières

 

Les 5.000 questionnaires de « satisfaction » remplis par les clients de la RATP ont fait émerger une seule vraie doléance: « Nous voulons des règles pour encadrer les comportements dans les lieux publics. » Et dans l’étude sur Les Valeurs des Français (Armand Colin), dirigée par Pierre Bréchon, les chercheurs se sont intéressés à l’éducation des enfants.

Or, surprise, dans leur palmarès, les bonnes manières sont considérées par 69% des Français comme l’une des valeurs les plus importantes à transmettre, en troisième place, pas loin derrière le sens des responsabilités. Elles n’étaient que sixièmes il y a vingt ans. Le respect des convenances devient même source d’inspiration sur les écrans.

Dans son dernier film, Escrocs mais pas trop, Woody Allen zoome longuement sur ces cours de maintien qui font un tabac aux Etats-Unis, et pointent le nez en France. Chez les libraires, les ouvrages de savoir-vivre reviennent en force dans les vitrines. Et l’association France Courtoisie, qui milite pour l’instauration d’une Journée nationale des bonnes manières, regroupe aujourd’hui plus de 2 000 membres.

A l’école d’abord ! Nostalgie de la politesse d’antan ou réaction épidermique face à la montée de la délinquance juvénile, l’exemple vient d’en haut. Jack Lang, ministre de l’Education nationale, vient de mettre en place un Comité national de lutte contre la violence à l’école, pour tenter de restaurer une certaine civilité dans les établissements scolaires.

40% des 250.000 agressions commises chaque trimestre dans les collèges et lycées relèvent de la violence verbale. Soit, en un an, 300 000 insultes caractérisées. Un record. Les cours d’instruction civique instaurés dans les années 80 restent très théoriques: on y parle de tolérance et de civisme. C’est un début.

Le retour des bonnes manièresDans les classes, les enseignants ne lâchent désormais pas prise sur ces « petits plus » que sont l’hygiène et la politesse. Face à la diminution du temps consacré par les parents à leurs enfants (80% des femmes de 25 à 49 ans travaillent à l’extérieur), ce sont souvent les enseignants qui corrigent les faits et gestes quotidiens.

« Quand nous envoyons un enfant chercher une craie dans une classe voisine, nous lui rappelons systématiquement qu’il doit saluer, s’excuser et remercier », explique Michel Gautier, directeur d’une école élémentaire à Goven, en Ille-et-Vilaine.

Tous les moyens sont bons pour faire passer le message. Y compris un changement radical de vocabulaire. « Je ne parle pas de bonnes manières à mes élèves, ils ne comprendraient pas.

« Pour qu’ils me saluent, je parle de respect », explique Elisabeth Lemoine, principale du collège de Saulieu, dans la Côte-d’Or. Le terme est devenu un véritable leitmotiv dans le milieu du rap et chez les adolescents de banlieue.

L’implosion depuis trente ans des repères éducatifs n’a pas facilité la tâche des parents. Comment interdire, après avoir interdit d’interdire ?

Le « dressage » des bambins à grand renfort de « mange ta soupe » et autres « tiens-toi droit » n’a pas survécu. Et les bonnes manières ont évolué depuis les Usages du monde de la baronne Staffe, manuel publié en 1899. Aujourd’hui, baisemain, jours de visite ou grand deuil des veuves n’ont plus droit de cité.

Il est des usages inaltérables, et d’autres complètement désuets. « Autrefois, sur les trottoirs, un homme ne laissait jamais sa compagne marcher du côté des voitures. Aujourd’hui, tout le monde s’en moque », reconnaît Florence Le Bras, auteur du Guide du savoir-vivre (Marabout). Il reste néanmoins quelques classiques. Ainsi, en refusant de céder sa place à une vieille dame, le goujat a toutes les chances de se faire traiter de sauvage.

 

 

 

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