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Les franc-maçonnes

 

Depuis 1970, le nombre de femmes initiées a plus que sextuplé. Pourquoi un tel engouement ? Que trouvent-elles dans les loges ?

Ah ! Qu’elles sont fières et heureuses d’être franc-maçonnes ! Le 8 mars dernier, Bernadette, Janine, Marie, Nathalie, Andrée, Yvette… en oublient l’obsessionnelle discrétion qui entoure la vie de leurs ateliers pour oser battre le pavé parisien au cœur de la manifestation pour les droits des femmes.

Coincé entre le groupe féministe La Meute et les Chiennes de garde, le cortège de la Grande Loge féminine de France se fait remarquer: les sœurs « trois points » défilent en rangs bien ordonnés, leur baudrier maçonnique bleu vif en travers du corps, tout en agitant des calicots « Ni putes ni soumises ! ».

Les franc-maçonnesFières et heureuses ? A l’heure où la maçonnerie française fête en grande pompe son 275e anniversaire, elles se réjouissent de l’entrée massive des femmes au royaume de l’équerre et du compas, ce monde mystérieux qui intrigue tant et suscite tous les fantasmes.

C’est le phénomène le plus marquant des trente dernières années : le nombre de sœurs ayant progressé deux fois plus vite que celui des frères, sur plus de 100.000 membres des obédiences françaises les femmes pèsent désormais 22% au lieu de 10% en 1970. Seule la Belgique connaît une situation équivalente. Dans le reste du monde, la maçonnerie, souvent de filiation anglaise, reste globalement masculine.

Si la France a été trois fois pionnière – première femme initiée en 1882, première obédience mixte en 1893 et première féminine en 1945 – avant de connaître la déferlante de la fin du XXe siècle, les femmes ont été pendant plus de deux siècles ignorées, méprisées, humiliées par les frères. Un petit retour en arrière s’impose.

L’admission à une loge est interdite aux femmes comme aux esclaves ou aux « hommes immoraux ou scandaleux ». Presque irréel, ce principe de base est bien inscrit dans le texte fondateur de la franc-maçonnerie – les « Constitutions » de 1723 du pasteur londonien James Anderson. Toujours en vigueur !

Pourquoi une telle discrimination ? Parce que les maçons ne veulent accueillir que des êtres libres, or les femmes ne le sont pas… puisqu’elles dépendent des hommes !!! Ils reprochent aussi au beau sexe son manque de discrétion, son inconstance, sa superficialité et son goût pour la séduction, certains considérant la femme comme un être inférieur, simple objet de jouissance de l’homme. De surcroît, le pivot de la méthode maçonnique est de jongler avec des symboles empruntés aux métiers du bâtiment… où les femmes ne figurent que pour la part du pauvre.

Dès l’origine, cette discrimination dérange l’élite des Françaises : « Habituées à ce qu’aucun domaine ne leur soit refusé, leur caractère les pousse à vouloir accéder à tout et, tout particulièrement, à la franc-maçonnerie à partir du moment où elle leur est fermée », soutient l’historienne Françoise Jupeau Réquillard. A partir des années 1740, les maçons du Grand Orient de France (GO) inventent alors pour leurs épouses les loges d’adoption, hiérarchiquement soumises à des ateliers masculins, où une femme peut bénéficier d’un simulacre d’initiation… sous réserve de ne pas être enceinte. Des femmes fortunées de la haute aristocratie se retrouvent dans cette « maçonnerie des dames », surtout pour organiser la charité au profit de familles en détresse.

 

 

 

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