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Les franc-maçonnes

 

Le parcours maçonnique est si intense, mystérieux et incommunicable qu’il est sans doute plus facile à un franc-maçon ou à une franc-maçonne de partager sa vie avec un initié.

Bien des frères de la GLF ont ainsi incité leur compagne à rejoindre la GLFF, favorisant son développement. Les couples de maçons sont légion. Les sœurs du DH, qui représentent les deux tiers de cette obédience mixte, ont souvent pour compagnon un maçon du GO… ou du DH.

« Une femme a du mal à faire accepter son entrée en maçonnerie à un mari profane, observe Odile Henry, grand maître de la GLMF. Ne supporte-t-il pas qu’elle se consacre à autre chose qu’au foyer ou qu’elle s’élève intellectuellement ? »

On rencontre encore des sœurs victimes du chantage d’un compagnon profane : « C’est la maçonnerie ou moi ! » « Ces hommes-là n’aiment que les belles idiotes et sont incapables d’accepter que les femmes recherchent leur liberté, assène Michèle, 65 ans, une initiée de la GLFF qui fut cadre supérieur dans l’industrie cinématographique. Nous ne sommes pas des amazones prêtes à émasculer les hommes ! »

Les franc-maçonnesAlors, que trouvent-elles en maçonnerie ? Avant tout, une glorification du travail intellectuel et un perfectionnement de leur personnalité. « A l’époque où j’étais compagnonne, je me suis un jour exclamée: « Vu ce que vient de dire cette conne de chiraquienne… », se souvient Marthe (GLFF). Une maîtresse m’a reprise: « Pour t’élever à la maîtrise, il te faudra apprendre la tolérance… et, en plus, je suis chiraquienne ! Je me suis retrouvée face à ma connerie. Et je n’ai plus jamais recommencé. »

Annie a, elle, appris à écouter les autres, à maîtriser ses passions et ses colères, à s’exprimer plus posément, en allant à l’essentiel. Marie-France Picart évoque le dynamisme qu’insuffle le parcours maçonnique, qui constituerait même un atout après une perte d’emploi. « Parce qu’elle est mieux dans sa peau, une franc-maçonne trouve plus facilement du travail », soutient Véronique, 44 ans, ingénieur chimiste au chômage et initiée au DH. Beaucoup de sœurs affirment que la maçonnerie leur a apporté la sérénité. Celle que l’on prête aux analysés ?

« Les rituels maçonniques constituent une autoanalyse », répond Claude Guillaut-Darche, elle-même psychologue. De là à imaginer qu’un passage en maçonnerie peut guérir, il n’y a qu’un pas. Du coup, des vénérables voient parfois des profanes dépressives demander leur entrée en loge. « La maçonnerie est un travail sur soi avec les autres, mais pas avec un thérapeute, confirme Danièle Juette, psychiatre dans le monde profane. Nous refusons les candidats qui viennent résoudre une névrose, car ils n’ont aucune chance d’y parvenir et pourraient déstabiliser une loge. » Plus fréquemment, des femmes divorcées ou veuves viennent en maçonnerie combler un manque affectif et, malgré l’ambiance chaleureuse et familiale des agapes, restent frustrées.

Les sœurs essaient aussi de faire barrage aux profanes qui espèrent trouver en maçonnerie un carnet d’adresses, un réseau profitable. Certaines se découragent en apprenant qu’il ne suffit pas de payer une capitation annuelle de l’ordre de 250 euros, mais que l’assiduité à au moins 20 tenues par an est obligatoire, qu’il faut respecter un rituel contraignant et plancher régulièrement.

Malgré l’entretien préalable et les trois enquêtes sur la postulante, qui, après son « passage sous le bandeau », doit encore obtenir 75% de votes favorables des membres de la loge, des « franc-maçonnes alimentaires » parviennent à se faufiler grâce à leurs talents de simulatrices. Elles sont mal vues de leurs frangines, généralement hostiles au dévoiement de l’entraide maçonnique. Une sœur proviseur raconte avoir dû éconduire des demandes d’inscription dans son établissement. « Lorsque je suis devenue ministre des Droits de la femme, j’ai reçu une avalanche de courriers de maçons me demandant un appartement, une promotion ou une médaille, se souvient la socialiste Yvette Roudy. J’ai expédié le tout à la GLFF et j’ai surtout fait savoir que ceux qui me sollicitaient perdaient leur temps. »

Si la sélection à l’entrée des ateliers est très rigoureuse, la cooptation reste la règle majoritaire. La mixité sociale, comme chez les hommes, demeure donc très théorique. Les sœurs se réjouissent de faire en loge des rencontres avec des femmes ou des hommes qu’elles n’auraient jamais eu l’occasion de connaître autrement, mais les ouvrières ou les petites employées, les secrétaires ou les caissières de supérette sont rares. Effet pervers du parrainage, on trouve parfois des ateliers d’enseignantes ou d’informaticiennes. Plusieurs sœurs de la GLFF évoquent même au moins une loge parisienne majoritairement homosexuelle. « Très féministe, rectifie Marie-France Picart. Je trouve inconvenant que des sœurs s’intéressent à l’orientation sexuelle d’autres membres de l’obédience. » Impossible de l’ignorer, la maçonnerie, même féminine, est loin d’être un long fleuve tranquille.

 

 

 

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