Accueil - Famille - Les franc-maçonnes

Les franc-maçonnes

 

Les femmes aussi connaissent les querelles intestines et le goût du pouvoir, bien qu’elles soient à ce sujet beaucoup plus discrètes que les hommes. Idéalement, les maçonnes comme les maçons doivent « laisser leurs métaux à la porte du temple ». En réalité, des sœurs entrent en loge avec leurs défauts profanes.

Les Français adorent être présidents de quelque chose. Et bien des frères et des sœurs sont atteints de « cordonite », l’attirance pour les fonctions d’officier, et notamment de vénérable, et surtout les titres de hauts dignitaires d’une obédience, qui vont se placer, dans le temple, « à l’Orient ». Les sœurs les plus affectées par cette « pathologie » viendraient-elles en maçonnerie réparer la frustration d’avoir été privées, dans le monde profane, des postes à responsabilité qu’elles estimaient mériter ?

Les franc-maçonnes« Les femmes n’ont pas la même relation au pouvoir et à l’argent que les hommes, affirme Sylvia Graz, 59 ans, présidente de la Fédération française du Droit Humain. C’est pourquoi aucune sœur n’a été impliquée dans une affaire délictueuse. » Les femmes seraient-elles plus honnêtes que les hommes ? « L’un des secteurs les plus touchés par les affaires était le BTP, or les femmes n’y exercent que très rarement des responsabilités, observe Alain Bauer, 41 ans, grand maître du GO. De plus, les fraternelles leur sont généralement fermées. » Leur allergie à ces réseaux affairistes est patente. Monique, chef d’entreprise de 50 ans initiée à la GLMF, a décliné l’invitation qui lui était faite d’intégrer un groupe maçonnique créé au sein d’une institution paritaire des Bouches-du-Rhône. Et Marthe (GLFF) a vite claqué la porte de la fraternelle des médias, dans laquelle elle avait mis les pieds: « J’en ai perçu le danger dès que des hommes politiques y ont été invités. »

Si les sœurs semblent épargnées par les affaires de corruption, elles se livrent parfois à de violentes bagarres internes. Il y a eu le cas de Nicole, une sœur chiraquienne de Saint-Etienne dans la Loire, exclue par une décision du convent national pour avoir accepté, en 1998, de devenir vice-présidente de la région Rhône-Alpes avec des voix FN.

Il y a surtout un conflit qui agite le landerneau maçonnique depuis 9 ans et qui se cristallise autour de Marie-France Coquard, 58 ans. Cette spécialiste de l’orientation professionnelle, ex-présidente départementale de la Ligue de l’enseignement et élue conseillère municipale du XIXe arrondissement de Paris, sur une liste Tiberi, a été grande maîtresse de la GLFF de 1993 à 1996. Son charisme et son éloquence lui ont donné une aura médiatique sans précédent pour cette obédience, habituée à une grande discrétion.

Des sœurs ont extrêmement mal supporté son ambition, son « immodestie », reprochant à leur patronne de vouloir promouvoir son image personnelle. Attention, sujet tabou ! Motus et bouche cousue. Des accusations bien plus graves auraient été lancées de part et d’autre, dans un climat délétère et haineux. Marie-France Coquard, accompagnée de quelques dizaines de ses fidèles, a préféré quitter la GLFF pour se faire admettre à la GLMU, ce qui a profondément détérioré les relations entre les deux obédiences. De guerre lasse, elle vient finalement de décider de quitter la maçonnerie. Fermez le ban !

« Je ne vais pas m’agiter dans tous les médias, confie Marie-France Picart, qui marque sa différence. Mais on ne peut pas laisser les autres maçons parler à notre place. » » A quelques mois de la fin de son mandat, elle ne ménage en effet pas sa peine pour rendre visible la production intellectuelle de ses sœurs en robe noire. Afin d’enrayer la perte d’influence intellectuelle de la maçonnerie depuis deux décennies, alors que, paradoxalement, le nombre de maçons augmente.

Les rituels sont toujours aussi immuables, mais les idées avant-gardistes se font rares ! Trop de sœurs – dites «  »ego sur pattes » » – ne se sont-elles pas laissé enfermer dans un nombrilisme spiritualiste ? «  »Nous portons la lumière en dehors des temples de manière plus disséminée, affirme Danièle Juette. Les frères et sœurs sont très souvent militants dans le monde profane. » »

« La perte de valeurs a affecté aussi la franc-maçonnerie, soutient, pour sa part, Claude Guillaut-Darche. Après avoir ronronné, enfin, elle se réveille ! » Les sœurs « trois points » viennent ainsi de battre le pavé par trois fois : en septembre 2001 en soutien aux Afghanes, le 1er mai 2002 contre l’extrémisme politique, puis, le 8 mars dernier, en solidarité avec les filles des cités victimes de violences. Elles entendaient exposer au grand jour leurs combats en faveur des valeurs républicaines et des droits des femmes. Sans oublier leur nouvelle fierté d’être franc-maçonnes ! L’honneur perdu de la franc-maçonnerie sera-t-il sauvé par les femmes ? »

22.440 sœurs

Au sein de la maçonnerie française, les femmes se répartissent au sein de 5 obédiences, 2 féminines et 3 mixtes.

Fédération Française du Droit Humain (FFDH ou DH), née en 1893 : 9.370 sœurs et 4.620 frères. Présidente : Sylvia Graz.

Grande Loge Féminine de France (GLFF), née en 1945 : 10.900 sœurs. Grande maîtresse : Marie-France Picart.

Grande Loge Féminine de Memphis-Misraïm (GLFMM), née en 1965 : 800 sœurs. Grand maître général : Claude Guillaut-Darche. Grand maître national : Marie-Danièle Thuru.

Grande Loge Mixte Universelle (GLMU), née en 1973 : 460 sœurs et 380 frères. Grande maîtresse : Anne-Marie Dickelé.

Grande Loge Mixte de France (GLMF), née en 1982 : 910 sœurs et 840 frères. Grand maître : Odile Henry.

Chiffres déclarés par les obédiences pour décembre 2002.

 

 

 

Cet article vous a plu ?

Ecriture
Pertinence

Donnez une Note ...

User Rating: 3.8 ( 1 votes)

A Voir aussi

Gâteaux pour la fête des mères

  Les enfants fêtent les mamans en concoctant des desserts pleins d’amour … La Fête …

Laisser un commentaire