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Les mondains entre eux

 

Lubéron, Festival d’Aix, Cap-Ferret, Ile de ré… Ils ont, comme vous et moi, leurs petites habitudes.

Le must, pour eux, c’est le dîner. Un moment privilégié où le plan de table s’assimile à un plan de carrière. On les appelle les ‘dîners en ville’ …

Les dîners en ville constituent le plus discret des clubs, le plus tortueux des réseaux, le plus invisible des raccourcis. Et la plus solide des complicités dans le petit monde des affaires, de la politique, du journalisme et de la culture, sous la plus innocente des apparences.

Le jeu se joue tout l’hiver dans les salons parisiens et se prolonge tout l’été, manches retroussées, dans les garden-parties du Lubéron, de Saint-Tropez et d’ailleurs, ou les mondains s’agrègent par tribus.

Officiellement, on s’y reçoit entre amis, ‘entre soi’. Qui peut-on, après tout, si ces amis se trouvent être ministres, patrons, écrivains ou journalistes ? Voilà posées les règles du plus mondain des jeux de société, où tout se joue en trompe-l’œil : la conversation est un leurre ; le contenu des assiettes, un alibi. L’enjeu de ces soirées est ailleurs. Le plan de table est hautement stratégique.

Les 'mondains' entre euxLes convives viennent là pour nouer des contacts, entretenir leur carnet d’adresses et jeter des ponts vers des cercles qu’ils connaissent peu. C’est là le charme du dîner en ville. Il mêle des mondes qu’à priori tout devrait séparer.

On ne s’étonnera pas de croiser au même repas un banquier entre deux OPA et une décoratrice en vogue, un écrivain lancé dans la course au Goncourt et un homme politique, un publicitaire et un philosophe italien.

Tout cela à l’air de la plus charmante des anarchies. Illusion d’optique : rien n’est laissé au hasard. On invite des gens qui peuvent se rendre service, explique clairement Denis Tillimac, écrivain corrézien et proche de Jacques Chirac, qui sait aussi cultiver des amitiés à gauche.

Comme les attachements idéologiques et partisans se relâchent, la société fonctionne de plus en plus en réseaux et en clans. Bien sûr, il ne sera pas dit que ces gens-là passeront un contrat dés le lendemain. Mais qui sait ? Un jour sûrement.

C’est ainsi qu’Alain Minc ou Jacques Attali ont constitué leurs réseaux : de simples têtes pensantes, ils sont devenus conseillers des puissants. Que l’industriel François Pinault a bâti son empire. Qu’Andrée Putman, la papesse du design épuré, a imposé son style au Tout-Paris qui a du goût. Que l’homme politique se flatte en dissertant sur Stendhal avec l’écrivain, trop malin pour le reprendre quand l’autre confond Mathilde et Mme de Rénal. Et que le publicitaire vend sa salade.

‘Il est à peine exagéré de dire qu’en France on ne peut faire des affaires qu’avec des gens qu’on connaît’. affirme le lobbyiste Paul Boury. Se croiser par une série de faux hasards, un soir, ‘chez des amis communs’, c’est signifier qu’on fait partie du même monde. Je dîne, donc je suis. Ce pourrait être l’adage des mondains.

 

 

 

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