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Les règles de la correspondance

 

La plume et le papier, depuis plusieurs années, cèdent leur place au clavier et à l’écran de nos micro.

Le temps de nos grands-mères, qui échangeaient un nombre souvent impressionnant de lettres, semble bel et bien révolu avec l’apparition du courrier électronique.

Bien loin de vouloir dénigrer le génial e-mail, l’art épistolaire n’en demeure pas moins un style qui, plus que tout autre, véhicule l’émotion, rapporte l’anecdote, transmet l’époque, exprime la joie, reflète les sentiments… et trouve de nos jours encore quelques adeptes inconditionnels. Ceux-là connaissent un plaisir unique, bien supérieur encore à celui de leurs destinataires. Il suffit de sentir une fois la joie de voir danser sur une page blanche les pleins et les déliés pour en soupçonner la mesure, et révéler à celui qui s’essaie un art nouveau.

Les lettres manuscrites, heureusement, demeurent obligatoires dans quelques circonstances, protocolaires et usuelles, et doivent alors répondre à un certain nombre de règles, plus ou moins élémentaires, qu’il convient de respecter sous peine de manquer totalement d’éducation.

Souhaitez-vous témoigner votre sympathie à Tante Paulette qui vient de perdre son frère, ou remercier la mère de votre ami Pierre qui vous a reçu le temps d’un week-end à Brives ?

Souhaitez-vous écrire à un prince souverain, un archevêque ou un ambassadeur ?

Nous vous aidons à écrire la lettre adaptée à chaque type de destinataire et de circonstance.

Généralités

La règle première et fondamentale consiste à respecter avec minutie l’exactitude de l’orthographe du nom et du titre (de noblesse ou de ses fonctions) du destinataire.

L’orthographe est une marque indispensable et impérative de courtoisie, d’où l’importance de la relecture. Les ratures, pâtés et autres corrections ne peuvent être tolérées ; dans le cas de ratures réécrire la lettre s’impose.

Il est préférable d’envoyer une lettre manuscrite pour s’adresser à un supérieur, une personne plus âgée, une très haute personnalité, ou encore si la lettre comporte un caractère confidentiel ou intime ; cependant la lettre dactylographiée est de plus en plus admise à condition de rédiger à la plume (noire ou bleue) les formules d’appel et de courtoisie, ou d’ajouter quelques mots manuscrits en fin de lettre.

Il est vrai que l’encre de rigueur est noire ou bleue, mais si vous avez le discernement et le goût de l’élégante fantaisie, ne vous privez pas. Un faire-part imprimé en couleur sera probablement plus élégant si l’enveloppe est rédigée dans une encre de cette même couleur, créant ainsi une unité et un raffinement supplémentaire, à condition d’éviter les couleurs trop criardes !

Et dans tous les cas si votre écriture est illisible et que vous n’arrivez pas à la dompter, optez pour la lettre dactylographiée : épargnez ainsi à votre destinataire, quel qu’il soit, le déplaisir et la difficulté de vous déchiffrer.

Une lettre ne doit jamais commencer par « Je » ; sauf dans le cas de la formule « J’ai l’honneur » qui est admise.

La date ne s’écrit jamais en abrégé ; il est d’usage de la faire précéder du nom de la ville ou du lieu duquel on écrit ; l’expression « ce mardi » est à bannir.

Dans la correspondance, il convient de toujours utiliser la majuscule dans le traitement et la suscription : « Monsieur le Préfet, Monsieur le Ministre », même si on écrit « préfet » et « ministre » dans les autres documents.

Le format et la qualité du papier dépendent du goût de chacun il convient cependant d’éviter trop de fantaisie. Un papier blanc mat de 90 à 110 g est idéal, cependant on peut, si on le souhaite, choisir un papier légèrement bleuté, grisé ou ivoire, et /ou avec un léger grain.

Les règles de la correspondance

Au-delà de cette règle assez stricte, on peut s’octroyer une certaine liberté ; écrire à sa meilleure amie sur un très beau papier bleu et l’envoyer dans une enveloppe assortie n’a rien de choquant. En revanche, évitez les marques un peu trop fantaisistes et les timbres secs ou tout autre motif en filigrane !

Le format le plus courant est 21×29.7 cm, plié ou non. Il est de bon ton de faire imprimer, ou mieux encore, graver son adresse (jamais son nom) en haut à gauche du papier. Cependant si l’on envoie plusieurs pages, seule la première est imprimée.

La date doit apparaître en haut à droite, à 5 ou 6 centimètres du bord haut.

L’appel, vient s’inscrire à 7 ou 8 centimètres du bord gauche, plus ou moins à la hauteur du 1er tiers de la page. Plus l’appel est placé bas dans la page, plus on manifeste de la déférence au destinataire. Il faut cependant rester dans des proportions raisonnables qui ne dépassent pas le milieu de la page.

Le texte à proprement parler commence au niveau du milieu de la page, et, de même que chaque nouveau paragraphe, s’aligne sur l’appel. Les lignes suivantes suivent une marge de plus ou moins 5 centimètres.

La marge de droite, quant à elle, est moins importante que celle de gauche ; elle n’excède pas 2 ou 3 centimètres.

La signature vient à droite dans la moitié inférieure de la dernière page, on peut éventuellement noter son nom en lettres capitales en dessous, si le destinataire risque de rencontrer des difficultés pour identifier l’envoyeur.

Toute lettre appelant une réponse, les personnes d’un certain rang social doivent savoir qu’il serait irrévérencieux de l’exiger de certaines personnalités ; et que, pour cette raison en principe, on n’écrit pas au Pape mais au prélat chargé de la Secrétairie d’Etat ; on n’écrit pas à un Souverain mais à son secrétaire particulier ou à l’un des membres de sa maison ; on n’écrit pas au Président de la République mais à son directeur de cabinet civil ou au Secrétaire Général de l’Elysée.

Les titres de noblesse – exceptés ceux de prince-princesse et duc-duchesse – ne doivent jamais être employés dans une lettre. Seule l’expression « Mon cher Comte, Baron, Marquis… » est autorisée. En revanche il convient de les utiliser sur l’enveloppe.

Certains titres comme ceux de ministre, procureur général ou préfet sont conservés au-delà de la cessation de fonction.

La particule « de » ne s’emploie que lorsqu’elle est précédée d’un titre ou d’un prénom, sauf :
– pour les noms ne comportant qu’une syllabe prononcée,
– pour les noms commençant par une voyelle ou un h muet, où elle est toujours associée au nom.

Les particules « des, du, d' » ainsi que « La, Le et Les » ne se dissocient pas du nom.

Les particules non nobiliaires (souvent celles précédant des noms belges), elles aussi, restent attachées au nom, et de surcroît commencent par une majuscule « De ».

L’enveloppe doit être assortie au papier et doublée, par respect pour le destinataire. Il existe deux formats d’enveloppes, l’un allongé (commercial ou à l’américaine) recommandé pour les lettres d’affaires, et l’autre plus carré préféré pour la correspondance privée. La feuille doit être pliée en trois dans le sens de la largeur pour les premières, et en quatre (deux fois dans le sens de la largeur) pour les secondes.

La lettre doit être introduite dans l’enveloppe pliures vers le bas, de façon à ce que le destinataire ne la déchire pas en ouvrant l’enveloppe. Il convient d’écrire soigneusement sur l’enveloppe car elle est le premier contact du destinataire avec le courrier, et bien entendu de suffisamment l’affranchir afin de ne pas imposer à son destinataire de payer une surtaxe.

Lorsque l’on confie une lettre à une tierce personne (pour qu’il la remette en mains propres ou la poste), il convient de lui remettre l’enveloppe non cachetée, signe de la confiance qu’on lui accorde. Cette personne doit la cacheter devant celui ou celle qui lui a confié la lettre, en signe de confiance réciproque.

Les cartes de visite sont en bristol blanc, d’un format proche de 15.5 x 11cm. Elles sont imprimées ou gravées en gris ou noir dans un caractère classique de forme bâton pour le nom et le titre, en « anglaises » pour l’adresse. Cette dernière peut se placer en haut à droite ou en bas à gauche, auquel cas on peut ajouter le numéro de téléphone en bas à droite.

Une carte de visite s’écrit toujours à la troisième personne et ne se signe jamais. Un homme seul fait imprimer son prénom et son nom sans les faire précéder de Monsieur. Un couple n’écrit pas en toutes lettres Monsieur mais M., ni Madame mais Mme.

Les titres nobiliaires sont eux aussi abrégés VTE, VTESSE ; CTE, CTESSE ; MIS, MISE ; DUC, DESSE ; PCE, PCESSE.

Une jeune fille met son nom (et éventuellement son téléphone portable) mais pas son adresse. Les enfants, avant 18 ans, utilisent les cartes de leurs parents dont ils barrent en diagonale les titres et prénoms pour ajouter le leur à la plume.

La carte de visite s’utilise pour remercier (invitation, cadeau), féliciter (fiançailles, mariage, naissance), accompagner un cadeau, exprimer des vœux. En aucun cas, elle ne remplace une lettre quand celle-ci s’impose.

 

 

 

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