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Qui êtes-vous, Monsieur De La Fontaine ?

La FontaineEn plus de sa propriété de Saint Mandé, il fait construire, à ses frais, le magnifique château de Vaux le Vicomte. L’orgueilleux jeune roi Louis XIV pouvait-il longtemps tolérer la magnificence de ce serviteur qui ne cachait pas ses ambitions ? D’autant qu’en visitant les appartements de Fouquet, le roi est tombé en arrêt devant un portrait de Mademoiselle de la Vallière, sa favorite d’alors… Arrêté, Fouquet est condamné à la détention perpétuelle.

Aucun homme de bon sens ne serait allé plaider auprès du roi la cause de Fouquet. Jean de la Fontaine admirait cet homme, était ébloui par le faste et le luxe quiétaient dispensés chez lui. De surcroît, Fouquet avait « embauché » Jean pour être son poète personnel.

Jean écrivit une « Ode au Roi » pour demander la clémence du Souverain pour Fouquet. Toute la suite de sa vie, La Fontaine, contre vents et marées resta fidèle à son protecteur. Il paya très cher cette admiration. Le roi n’oublia jamais cette fidélité et lui rendit la monnaie de sa pièce chaque fois qu’il le put. Mais Jean était ainsi.

Un écrivain scandaleux.

Imaginiez-vous en lisant les fables que l’auteur pouvait aimer la grivoiserie, au point de choquer les prudes censeurs de son temps ?

Mais quelle élégance dans ces libertinages !… Ces quelques extraits d’une nouvelle en vers intitulée : La clochette choqueront-ils les bonnes gens de notre temps ?

(…)Le malheur fut qu’elle était trop jeunette,
Et d’âge encore incapable d’aimer.
Non qu’à treize ans on y soit inhabile;
Même les lois ont avancé ce temps :
Les lois songeaient aux personnes de ville,
Bien que l’amour semble né pour les champs.
Le bachelier déploya sa science :
Ce fut en vain; le peu d’expérience,
L’humeur farouche, ou bien l’aversion,
Ou tous les trois, firent que la bergère,
Pour qui l’amour était langue étrangère,
Répondit mal à tant de passion.
Que fit l’amant ? croyant tout artifice
Libre en amours, sur le rez de la nuit
Le compagnon détourne une génisse
De ce bétail par la fille conduit ;
Le demeurant , non compté par la belle,
(Jeunesse n’a les soins qui sont requis)
Prit aussitôt le chemin du logis;

Sa mère étant moins oublieuse qu’elle
Vit qu’il manquait une pièce au troupeau :
Dieu sait la vie; elle tance Isabeau
Vous la renvoie, et la jeune pucelle
S’en va pleurant, et demande aux échos
Si pas un d’eux ne sait nulle nouvelle
De celle-là dont le drôle à propos
Avait d’abord étoupé la clochette;
Puis il la prit, et la faisant sonner
Il se fit suivre, et tant que la fillette
Au fond d’un bois se laissa détourner.
Jugez, lecteur, quelle fut sa surprise
Quand elle ouït la voix de son amant.
Belle, dit-il, toute chose est permise
Pour se tirer de l’amoureux tourment;
A ce discours, la fille toute en transe
Remplit de cris ces lieux peu fréquentés;
Nul n’accourut. O belles évitez
Le fond des bois et leur vaste silence.

 

 

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