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Qui gagne le plus ?

 

L’étude « Homme Sweet homme » confirme d’abord une situation qu’une majorité de femmes déplore depuis longtemps : aujourd’hui encore, dans 2 cas sur 3 (67% exactement), c’est l’homme qui contribue le plus largement aux revenus du foyer français.

La femme n’est la principale pourvoyeuse de fonds de la maison que dans 1 cas sur 5 (18%), les deux sexes gagnant autant d’argent l’un que l’autre dans 16% des cas.

Cette propension de l’homme à gagner plus que la femme a vraisemblablement deux origines : d’une part, à travail égal, on le sait, les femmes sont aujourd’hui en France moins payées que les hommes ; d’autre part, les postes à grande responsabilité et les plus gros salaires sont très souvent occupés par des hommes.

Mais ce dernier point n’explique pas tout puisque c’est précisément chez les employés et les professions intermédiaires que cette « inégalité » est la plus marquée : la proportion d’hommes gagnant plus que leur femme y grimpe en effet jusqu’à 74%.

Qui plus est, cette tendance nationale cache de vrais contrastes régionaux. Dans le Midi et dans l’Est de la France, notamment, la proportion d’hommes gagnant plus que leur femme augmente sensiblement : 74%, là encore, du côté de Montpellier, Nîmes ou Béziers ; et jusqu’à 79% à Mulhouse et Strasbourg. En Alsace, la femme n’est même le principal moteur financier du foyer que dans 5% des cas.

Gagner de l’argent, ça stresse énormément…

Qu’elle soit en faveur de Monsieur ou de Madame, comment cette « domination » financière est-elle vécue ?

Comme « une lourde responsabilité » dans près d’1 cas sur 2 (48%), et même comme un élément « stressant », pour 1 personne interrogée sur 3 (33% exactement).

Deux qualifications qui se renforcent assez sensiblement chez les femmes, 39% d’entre elles ressentant le stress en question – contre 26% chez les hommes.

Un stress qui permet pourtant deux choses essentielles à leurs yeux : « avoir plus de poids dans les décisions financières » (30% des femmes interrogées le mentionnent), et éprouver « une satisfaction, une fierté », à être la principale bailleuse de fonds de la maison. Les machos auraient-ils changé de camp ?

Pas vraiment : on attache tout simplement d’autant plus d’importance à l’argent qu’il est dur à gagner.

C’est le cas des femmes, on vient de le voir ; mais c’est également celui des inactifs (chômeurs ou retraités).

Pour eux, être celui qui gagne le plus d’argent dans le couple est peut-être un facteur de stress (à 36%), mais c’est une difficulté qu’on veut bien assumer : pour plus d’1 inactif sur 2 (53%), gagner plus que son conjoint est surtout un immense facteur de fierté.

Un sentiment qui croise, en fonction des régions interrogées, des habitudes culturelles : dans le Midi (57%) et dans l’Est (54%), par exemple, cette fierté est particulièrement sensible.

A contrario, seuls 27% des Parisiens éprouvent de la satisfaction à gagner plus que leur moitié.

Un indice qui peut être interprété soit comme du désenchantement, soit comme un appel à d’autres repères, à d’autres valeurs que le « gagner toujours plus ».

Une aspiration que l’on retrouve assez logiquement auprès d’une autre catégorie de population : les internautes. Seul 1 sur 3 perçoit en effet ce supplément d’argent comme un motif de satisfaction.

Qui gagne le plus ?

« Supplément d’âme » contre « supplément d’argent » ?

Et si, au-delà du simple signe distinctif, cette volonté parisienne et internaute de souffler un peu, de se déresponsabiliser, était un signe précurseur ?

La réponse est à chercher du côté de ceux qui, justement, ont aujourd’hui le plus de responsabilités : les hommes.

Et là, un énorme tabou français semble en passe de tomber, en effet, plus d’1 homme sur 3 (35%) voudrait pouvoir dépendre de son partenaire financièrement ! Un chiffre qui atteint même des sommets chez ceux qui gagnent le plus : aujourd’hui, en France, près d’1 cadre supérieur sur 2 (46% exactement) se déclare « prêt à se faire entretenir » !

Ce désir passe outre tout sentiment de culpabilité ou crainte de dépendre de l’autre, pourtant assez présents chez les cadres sup (20% d’entre eux les mentionnent).

On l’a laissé entendre un peu plus haut, il est très présent en région parisienne (40%), mais également particulièrement vif (à 39%) dans le Sud-Est de la France, pour des villes telles que Marseille, Aix-en-Provence ou Nice.

Le raisonnement est assez simple à analyser : une partie importante de la population française souhaite aujourd’hui travailler moins, quitte à gagner moins, pour se sentir plus sereine et pour avoir davantage de temps à soi.

Du temps, oui, mais pour quoi faire ?

« Pour dépenser », répondent en chœur les personnes interrogées, dans une boucle logique assez fascinante !

Lorsqu’on détaille les postes de dépense cités, on tombe sur des repères connus. A supposer qu’ils se fassent entretenir, les hommes investiraient en effet plus spontanément que les femmes dans la voiture, le sport, la HI-FI, et Internet.

Les femmes, quant à elles, seraient plus consommatrices d’ameublement et décoration (à 80%), de sorties entre amis, et de fringues.

Au milieu, en forme de terrain d’entente : disques, livres et cinéma sont cités par 29% des hommes et 24% des femmes. Un supplément d’âme un peu paradoxal, puisqu’atteint… grâce à l’argent  ! « Grâce à l’argent, certes, mais pas le mien », pourraient répondre les hommes interrogés.

Une posture moderne plus habile que cynique, s’appuyant sur un équilibre inédit : un monde où les hommes seraient ravis de se faire entretenir par des femmes fières de leur indépendance financière.

 

 

Sondage réalisé par téléphone auprès d’un échantillon de 634 personnes. Cette enquête fait partie d’une saga complète menée par egg sur les rapports qu’entretiennent les Français à l’argent

 

 

 

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