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Rencontres sur Internet

 

5 La réalisation de rencontres amoureuses n’empêche pas pour autant une certaine banalisation des « coups d’un soir » via ces outils numériques : près des deux tiers des Français ayant déjà trouvé un partenaire via un site admettent y avoir déjà̀ eu « une aventure sans lendemain » (62%) et plus de la moitié une expérience sexuelle avec quelqu’un sans chercher ensuite à la revoir (55%).

* Il faut dire qu’en offrant à leurs membres un nombre infini de possibilités de rencontre dans le cadre d’un anonymat quasi-total, ces sites constituent un environnement des plus favorables au recrutement de partenaires occasionnels, notamment pour les femmes qui peuvent y multiplier les rencontres purement sexuelles loin du regard de leur entourage. Ces sites s’imposent donc des lieux de rencontre où la sexualité peut être débarrassée de toute implication autre qu’elle-même.
* Ce genre d’expérience reste toutefois moins dicible dans la gent féminine que masculine, sans doute à cause des réticences des femmes à transgresser les normes selon lesquelles la sexualité féminine ne serait légitime que dans un cadre affectif ou durable. Ainsi, si les trois quarts des hommes ayant déjà trouvé un partenaire via un site admettent y avoir déjà eu « une aventure sans lendemain » (72%), les femmes ne sont que 47% dans ce cas.

6 L’enquête montre également que les rencontres en ligne créent un environnement défavorable au respect du principe d’exclusivité sexuelle, notamment pour les hommes qui s’avèrent particulièrement nombreux à y avoir continué à chercher un partenaire alors qu’ils étant engagés dans une relation de couple (41%) ou à y avoir entretenu des relations purement sexuelles avec plusieurs personnes en même temps (34%).

Les rencontres sur Internet* Ces résultats tendraient à confirmer l’idée selon laquelle l’abondance de partenaires potentiels sur ces sites aurait un impact sur la psychologie – notamment masculine – en rendant inutile l’engagement dans une relation exclusive. Certes, ce genre de comportements n’est pas exclusivement masculin mais on note que le succès des sites de rencontres favorise l’affirmation d’un modèle de dragueur invétéré (« fuckboy ») refusant de se contenter d’un(e) seul(e) partenaire en même temps.
* Ces sites apparaissent ainsi comme un outil particulièrement adapté à la pratique d’une sexualité purement récréative, centrée sur l’épanouissement sexuel plutôt que sur les contraintes du couple. Chez certains, le maintien d’un profil sur un site apparait ainsi comme un moyen de  » laisser la porte ouverte » à une rencontre avec un meilleur partenaire, symptomatique du syndrome de  » la peur de manquer quelque chose » (fear of missing out) particulièrement présente sur les réseaux sociaux.

7 Enfin, l’addiction aux rencontres éphémères via des applis de rencontres est loin d’être un phénomène marginal : un utilisateur sur six (16%) admet avoir déjà eu l’impression d’y être « addict » et 13% déclarent que des proches leur ont déjà dit qu’ils en étaient dépendants.

* Bien décrite dans la BD « Love addict » de Koren Shadmi, cette dépendance a donc déjà été ressentie directement ou indirectement par près de trois utilisateurs sur dix (29%). Affectant plus d’hommes (19%) que de femmes (12%), le sentiment personnel d’addiction s’avère quant à lui très fort aux âges où l’on cherche moins à se mettre en couple qu’à multiplier les expériences : 23% chez les trentenaires (30-39 ans), jusqu’à 27% chez les hommes de cet âge.

 

 

François KRAUS, responsable de l’expertise « Genre, sexualités et santé sexuelle » à l’Ifop

 

 

AVEC : LACSE

 

 

 

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