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Rêves typiques ou rêves types

 

Certains rêves, comme la chute dans le vide ou le vol dans les airs, semblent relever d’un ‘patrimoine onirique collectif’.

Comment rendre compte de l’apparente universalité de ces scénarios ?

Il y a de ces rêves que nous avons tous éprouvés au moins une fois dans notre existence : chute dans le vide, vol dans les airs, perte de dents, poursuite … Sigmund Freud a appelé ces scénarios relativement communs les ‘rêves typiques’. Il attribue une signification sexuelle à chacun d’eux : castration pour la chute, coït pour le vol, masturbation pour la perte de dents…

Ces interprétations systématiques, qui semblent issues d’un almanach ‘rose’, sont pour le moins étranges sous la plume de celui qui montre, par ailleurs, que le rêve s’interprète en fonction de l’histoire de chaque individu ! Faut-il penser, comme l’écrivain Jean-Louis Baudry, qu’à travers l’analyse des rêves typiques (ou rêves-types), Freud ait voulu ‘rendre hommage à l’ancienne clef des songes en lui reconnaissant un peu de vérité’ ?

Mais pourquoi ces rêves sont-ils si fréquents ? Ayant ‘les mêmes sources chez tous les hommes’, ils seraient, toujours selon Freud, les ‘résidus archaïques’ d’une expérience ancestrale. Son élève Carl Gustav Jung va encore plus loin : il existe en chaque être un ‘inconscient collectif ‘, s’exprimant par des archétypes, schèmes mentaux analogues aux instincts. Pour le psychanalyste Roland Cahen, principal traducteur de Jung, le rêve-type serait ‘un mécanisme prémonté, cousin germain de l’archétype jungien’.

Rêves typiques ou rêves typesCertains psychanalystes relient ces conceptions à celles du neurobiologiste Michel Jouvet, pour qui le rêve correspond à une reprogrammation génétique de l’individu. Les pulsions instinctives, relatives à la survie, au désir de puissance ou à l’angoisse de castration, s’exprimeraient dans les rêves par des scénarios de poursuite, de vol, de perte d’un objet…

L´état physiologique pendant le sommeil ne serait pas étranger au contenu du rêve. Par exemple le scénario de poursuite serait dû au relâchement musculaire qui accompagne le sommeil, la sensation de paralysie déclenchant un désir instinctif de fuite hérité de nos ancêtres des savanes.

Voici quelques interprétations de rêves-types. Elles ne sont pas à prendre au pied de la lettre. Elles montrent même, en dévoilant la polysémie des rêves, la vanité de toute interprétation systématique. C’est évidemment le contexte individuel et culturel qui donne sens au rêve. Toutefois, sans appliquer de manière rigide la systématique freudienne (‘lui-même n’y croyait plus guère vers la fin de sa vie ‘, rapporte le psychanalyste Gérard Bonnet), ne succombons pas à son abusif reniement.

Le sexe et la mort aimantent les angoisses humaines. Ils pourraient constituer l’armature d’un patrimoine onirique collectif, toile de fond aux multiples facettes dont les rêves-types seraient une des expressions.

Mort d’un être proche
Rêver à la mort d’un être proche serait, pour Freud, l’expression déguisée d’un désir inconscient de cette mort, désir remontant à l’enfance où cet être était perçu comme un rival.

Ce rêve peut aussi refléter une angoisse d’abandon. C’est le plus fréquent des rêves récurrents chez l’enfant.

Les dents qui tombent
Rêver de pendre ses dents a toujours été considéré comme un présage de mort. Il est vrai que pour nos ancêtres, la perte des dents accompagnait effectivement la vieillesse; rien d’étonnant à ce que cette expérience archaïque intègre l’imaginaire collectif. Mais les dents peuvent aussi exprimer un retour à l´enfance, période où elles tombent également. En psychanalyse, l’évocation de cet événement, un des premiers traumatismes de l’existence, fait parfois resurgir de nombreux souvenirs. Lorsqu’elles paraissent branlantes, les dents peuvent renvoyer à ‘l’onanisme de la puberté’, selon Freud.

Le symbolisme, dont il faut bien reconnaître qu’il ne saute pas aux yeux, illustre un des aspects du travail du rêve: la mise en image du langage. En effet le terme ‘branler’ s’applique à une dent prête à chuter, mais aussi.. à la masturbation! Si cette pratique ‘honteuse’ surgit en rêve, la censure agit : il y a déplacement de l’expression verbale en direction d’un élément étranger à l’ ‘objet du délit’ :une dent par exemple.. L’analogie est encore plus flagrante dans la langue de Freud, où se masturber se dit aussi ‘s’en arracher une’.

Ceci montre en passant la vanité d’un symbolisme rigide qui prétendrait associer l’appareil dentaire aux organes reproducteurs. Selon sa dénomination, l’onanisme pourrait être représenté par divers objets à travers le monde: un fil électrique en Angleterre (‘se tirer le câble’), une paille au Venezuela (‘se faire une paille’) ou une scie en Italie (‘se faire une scie’)… A propos de scie, la perte de dent évoque souvent l’angoisse de castration. Une association expliquée de manière convaincante par le psychanalyste Gérard Bonnet: ‘C’est à l’âge où les garçons prennent conscience de la différence des sexes et peuvent ressentir l’angoisse de castration, qu’ils perdent effectivement un élément de leur corps. Ils se disent inconsciemment: si une dent peut tomber, pourquoi pas autre chose ?

 

 

 

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