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Un Français sur deux vit à crédit…

 

103 milliards d’euros, c’était, selon la Banque de France, le montant total d’encours des Français en matière de crédit à la consommation (hors immobilier) à la fin de l’année 2001.

Une somme colossale, presque équivalente à celle que regroupent les Livrets A, par exemple. Et pourtant, le crédit est aujourd’hui relativement décrié en France, comme si la qualité de sa réputation était inversement proportionnelle à son poids économique.

C’est ce paradoxe que l’enquête a souhaité mieux comprendre …

Le premier enseignement de l’enquête, c’est que 55% des Français vivent aujourd’hui à crédit, quel que soit le type de crédit considéré, immobilier, auto, conso ou autre.

Un chiffre en légère progression par rapport à celui publié en juin 2002 par l’Observatoire de l’endettement des ménages (52,9%). 18% des personnes interrogées déclarent notamment posséder un crédit immobilier, 17% un crédit auto, 10% un crédit gratuit, et 8% un crédit revolving.

La seconde information d’importance est… une non-information : la moitié des personnes possédant un crédit-revolving (51% exactement) ignore son taux ; et un tiers (34%) ignore aussi bien son taux que son encours ! Mais cette lacune n’est pas propre au crédit-revolving : on la retrouve, dans les mêmes proportions, chez les détenteurs de crédit auto.

Plus étonnant encore : 68% des personnes sondées ignorent combien leur coûte, pour leur compte courant, leur découvert autorisé. A bien y regarder, seules 5% le connaissent même effectivement, en situant le taux pratiqué en matière d’agios entre 9 et 13%.

Dommage car, selon l’enquête, 1 Français sur 2 a déjà été à découvert, 54% des hommes, contre 48% des femmes. En matière de crédit, les Français estiment ainsi subir les événements, ne pas savoir.

Un Français sur deux vit à crédit...Dans ces conditions d’ignorance, le crédit peut contribuer à un sentiment de défiance, voire d’insécurité financière.  D’autant qu’un phénomène lexical s’y ajoute : on confond, en France, « avoir un crédit » et « être surendetté ».

Parallèlement à cette défiance, les Français trouvent paradoxalement des vertus intéressantes au crédit. 55% estiment d’abord que celui-ci « permet simplement d’étaler ses dépenses dans le temps ». Et, surtout, un tiers considèrent que le crédit « responsabilise le consommateur parce qu’il l’oblige à une bonne gestion de ses dépenses ».

Contrairement aux idées reçues, ce ne sont pas les Français les plus démunis qui ont le plus recours au crédit. Près de 40 pc des inactifs seulement déclarent en avoir utilisé un, quel qu’il soit, au cours des 3 dernières années, contre 69 % des cadres, ou encore 69 % des professions intermédiaires. Trois explications possibles à ce phénomène.

° On peut estimer que, culturellement, les inactifs (dont les retraités représentent la plus grande partie) ont appris à ne dépenser que ce qu’ils ont. Sur le même mode, au sein de l’enquête, 77 % des plus de 65 ans déclarent par exemple n’avoir jamais été à découvert.

° On peut également considérer que les Français n’empruntent que lorsqu’ils sont déjà en situation de consommation active, comme par entraînement mécanique, s’offrant toujours davantage de confort.

° On peut enfin, en reprenant le proverbe selon lequel « on ne prête qu’aux riches », émettre l’hypothèse que les demandes de crédit formulées par les plus modestes sont peu acceptées par les organismes prêteurs.

Ce que démontre l’enquête, c’est que les Français culpabilisent à l’idée de se faire plaisir. 85 % des personnes interrogées estiment en effet « dangereux » le recours au crédit à la consommation, « parce qu’on ne se rend jamais bien compte de son niveau d’endettement ».

Dangereux ? 56% de ces Français-là déclarent pourtant y avoir recours !

Dans la troisième hypothèse (« On ne prête qu’aux riches »), comment expliquer que 76 % des sondés accusent « les organismes de crédit de laisser les consommateurs s’endetter sans limites » ?

Schizophrénie, encore ? Pas seulement. Là encore, le manque d’information peut être à l’origine d’une partie de ce jugement.

 

 

Enquête réalisée par l’IFOP

 

 

 

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