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Victime d’un MD

 

J’ai mis 17 ans à FUIR un manipulateur

En mai 1987, on s’est rencontré via le Minitel… Après quelques posts, il m’a invité à le rejoindre chez lui, très près de mon appart de l’époque à Limoges. Au départ, il ne me plaisait pas particulièrement, il était plutôt petit, un peu ‘enrobé’, de grandes oreilles, un gros nez… Mais il m’a tout de suite inspiré une grande confiance. il sortait du lot, il était charmant, boute-en-train, charismatique et il semblait tellement me comprendre.

Mon entourage n’appréciait guère mon nouveau compagnon et l’influence qu’il avait sur moi. Mais plus ils me mettaient en garde, plus je me rapprochais de lui.

Pour moi, il était parfait. Il me donnait l’impression de me tirer vers le haut. Et il ne cessait de répéter que grâce à moi, il avait repris goût à la vie, lui qui avait tant manqué d’affection durant son enfance.

Mais il y avait quelque chose chez lui qui me mettait mal à l’aise, sans que je sache exactement quoi. il avait un côté assez narquois.

il me faisait sans cesse culpabiliser. il me reprochait de ne jamais être à la hauteur, d’être une mauvaise mère avec ma fille que je ne voyais qu’un mois pendant les vacances d’été, d’être dépensière, de ne pas savoir gérer MA vie, que sans lui je n’arriverais à rien, et qu’il m’avait sorti du ‘caniveau’.

il était un sorte de docteur Jekyll et Mister Hyde : il avait une double personnalité. il souffrait d’une jalousie maladive. il me surveillait tout le temps et me faisait des crises violentes. Lorsque je me préparais pour aller faire les courses, il me demandait si j’allais en boîte de nuit, simplement parce que je me maquillais un peu. il m’attrapait alors par le collet avec des yeux globuleux, un visage complètement différent. il me bousculait, percutait son front contre le mien. Mais il ne m’a jamais battue … au début.

Juste après ces crises, il redevenait doux et tendre et faisait comme si rien ne s’était passé. il revenait avec un bouquet de fleurs, un bijou ou m’emmenait dans un de ces grands restaurants étoilés où il avait ses entrées.

C’était très déstabilisant : je ne savais jamais à quoi m’attendre. Et le quotidien me rattrapait. Je ne savais plus où j’en étais. J’étais en pleine confusion mentale. Je croyais que c’était moi qui avais un problème.

il savait se rendre indispensable : il prenait tout en main. J’étais fascinée par son assurance. il donnait aussi l’impression d’être très cultivé, ouvert sur le monde. il tenait le devant de la scène. Tout le monde buvait ses paroles. Moi je suis plutôt du genre discrète, timide, effacée.

Victime d'un MDC’est comme ça que je suis tombée dans le piège. il m’avait aussi laissé entendre que j’étais son ange sauveur. il évoquait souvent son enfance malheureuse et son côté suicidaire. il avait eu un immense chagrin d’amour et avait tenté de mettre fin à ses jours. Pour moi, si je le quittais, il pouvait mettre fin à ses jours. J’ai vécu avec ce poids sans le dire à personne pendant des années.

il se servait, et se sert encore, de la culpabilisation à outrance. Tous ses problèmes de santé sont (encore) de mon fait.

En 2000, il a été licencié et là le masque a commencé à s’effriter et à tomber.

il est devenu très exigeant, il fallait qu’il contrôle tout, surveille tout. il était tout le temps là. il ‘travaillait’ avec moi, pour moi, selon ses dires, à la maison, dans son bureau et moi dans le mien, il avait horreur de s’éloigner. Je ne respirais plus. En fait, on se croisait. C’était à l’époque d’Internet payant un max… Je me levais à 3 heures du matin pour travailler jusqu’à 6 heures, les heures où c’était moins cher. C’était l’heure où il allait se coucher, jusqu’à 13 heures où c’était moi qui prenais le relais dans le lit.

Côté sexuel, c’était le no-man’s land. Je pense qu’en 17 ans de vie commune, je n’ai jamais aussi peu fait l’amour. En fait, on se ‘rapprochait’ une ou deux fois par an, une fois au jour de l’an et une autre fois pour un quelconque anniversaire ou fête de famille où l’alcool avait un peu trop coulé (pour lui) … Le reste de l’année, lorsque j’osais réclamer un peu de tendresse, de câlins, je me voyais qualifier d’obsédée sexuelle …

il se fâchait et me critiquait sans cesse. Il fallait que je sois une femme parfaite. Sinon, je tombais dans l’autre extrême et je devenais une sorcière.

Je rangeais, il dérangeait ; je nettoyais, il salissait ; je ramassais tout après lui… C’était comme s’il voulait rendre la vie aussi difficile que possible.

Je m’occupais de toute l’intendance. il laissait les portes, les fenêtres, et les placards ouverts ; sa serviette mouillée par terre ; de l’eau ou du dentifrice partout dans la salle de bains. Si je me fâchais, il me disait que j’étais une casse pieds, que je le harcelais, que ça n’avait pas d’importance. Alors qu’en fait, ça me pourrissait la vie.

J’ai pensé des centaines de fois à le quitter mais je restais parce que je me disais que c’était moi qui avais un problème, puisque lui était si parfait.

Au fil des années, partir est devenu une obsession, mais ce n’était jamais le bon moment. Et puis je ne savais pas comment faire : je n’avais nulle part où aller, pas d’argent à moi, ma famille au loin …

Je déprimais. Pour lui, c’était moi qui avais un problème. J’ai passé quasiment ma vie avec lui à consulter des psychiatres parce qu’il l’exigeait. Pour eux, je manquais simplement de confiance en moi et surtout c’est lui qu’ils auraient voulu voir.

Au fil des années, je me sentais rétrécir comme une peau de chagrin. J’en ai parlé aux seuls amis qui me restait, à ma fille, à mon amie de lycée … Et là, j’ai commencé à réaliser que ce n’était pas moi LE problème.

Quand je suis partie, au bout de 17 ans de vie commune, j’ai senti un filet protecteur autour de moi. Les gens étaient là et me l’ont enfin fait savoir.

Je l’ai quitté en septembre 2004, il y à maintenant plus de 10 ans, et c’est la meilleure chose que j’ai faite.  Face à un pervers, la seule issue possible c’est la FUITE.

12 ans après, il essaie toujours de me causer des problèmes. Mais je ne regrette rien, sauf de ne pas être partie plus tôt, à savoir au premier malentendu entre nous (3 mois après notre rencontre). J’ai mis du temps à me reconstruire, à me faire confiance, à me dire que j’étais NORMALE et aujourd’hui, je me sens FORTE, enfin MOI et LIBÉRÉE. Je me maquille tous les jours, je porte des jupes au-dessus des genoux, des talons de plus de 10 cms et personne ne me fait de reproches !!!

 

 

Marie L.HdeL, Victime d’un MD de Mai 1987 à Septembre 2004

 

 

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